Alfa Romeo Alfetta Gtv – 1984Christian Ackermann · Carros
G.FREDERICaiment cette voitureAlfa Romeo Alfetta Gtv Véritable GTV Production Numéro 70
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Son histoire
Un peu d’histoire et de comparaison avec la Ford Capri dont la silhouette ressemble étrangement à la GTV.
Le coupé que l’on connaît sous le nom d’Alfetta GT en 1974, puis Alfetta GTV à partir de 1976 avec le moteur 2.0, n’est pas un projet dessiné en quelques mois. Alfa Romeo avait commencé à réfléchir au remplacement de la Giulia GT dès la seconde moitié des années 1960. Le cahier des charges était assez ambitieux : conserver le caractère sportif du coupé Alfa, tout en permettant à quatre adultes et leurs bagages de voyager correctement. (stellantis heritage).
Le choix de Giorgetto Giugiaro est logique : lorsqu’il travaillait chez Bertone, il avait déjà participé au dessin de la Giulia Sprint GT. Mais entre-temps il avait quitté Bertone et fondé son propre studio, qui allait devenir Italdesign. Giugiaro dessine le coupé qui doit remplacer, dans la gamme, le coupé qu’il avait lui-même contribué à créer. Avant que l’Alfetta GT définitive ne prenne sa forme, Giugiaro travaille sur une proposition destinée à remplacer la Giulia GT, connue sous le nom de 1750 GTV.
Cette étude est beaucoup plus spectaculaire que la voiture de série : carrosserie très aérodynamique, arrière fastback, recherche d’un habitacle spacieux et même des solutions de phares escamotables inspirées de la Montréal. Alfa la trouve finalement trop grande et trop sophistiquée pour son rôle. C’est important pour comprendre la GTV : elle n’est pas née comme une simple évolution de la Giulia GT. Giugiaro cherche déjà à changer la définition même du coupé Alfa.
Le lien stylistique le plus intéressant n’est pas avec la Capri, mais avec un prototype moins connu : l’Alfa Romeo 33 Iguana de 1969.
L’Iguana est le premier grand projet Alfa de Giugiaro chez Italdesign. Et certains éléments qui paraissent très originaux sur l’Alfetta GT sont en réalité déjà présents ici : la grande vitre latérale arrière, sa continuité visuelle avec une ouverture triangulaire dans le montant arrière, ainsi que la manière très graphique de traiter la partie arrière et les feux. Italdesign affirme explicitement que l’Alfetta GT est une descendante directe de l’Iguana. (source: Italdesign).
Entre-temps, Alfa Romeo met au point l’Alfetta berline, lancée en 1972. Et c’est là que le projet devient particulièrement intéressant.
La GT est finalement construite sur la plateforme de l’Alfetta, avec un empattement raccourci de 110 mm. L’architecture mécanique est très sophistiquée pour l’époque : moteur avant, mais embrayage et boîte-pont implantés à l’arrière. Cette disposition aide également à dégager de l’espace pour l’habitacle.
La première Alfetta GT mesure environ 4,19 m de long, 1,664 m de large, 1,33 m de haut, avec un empattement de 2,40 m.
Et c’est là que Giugiaro accomplit quelque chose de remarquable : malgré une mécanique héritée d’une berline, il donne à l’ensemble l’apparence d’une voiture conçue dès le départ comme un coupé.
Le vocabulaire de la GTV repose sur quelques décisions très fortes.
Le profil en coin
La voiture monte légèrement vers l’arrière dans sa lecture de profil, mais surtout le capot et le pare-brise sont fortement inclinés. Alfa parle elle-même d’un profil en forme de coin ou de prisme triangulaire. (stellantis heritage)
Il dessine une voiture dont les lignes principales convergent vers l’avant.
C’est très différent d’une carrosserie simplement arrondie.
Le pare-brise est extrêmement incliné et visuellement presque dans le prolongement du capot. Giugiaro avait même proposé une solution très radicale où le bas du pare-brise se glissait sous le capot afin de dissimuler les essuie-glaces. Alfa a refusé, considérant la solution trop audacieuse pour une voiture de grande série.
Cela montre le niveau de recherche aérodynamique et graphique qui se trouvait derrière le projet.
La surface vitrée : C’est probablement le trait le plus caractéristique.
La grande vitre de custode s’étire vers l’arrière et se prolonge visuellement par la petite ouverture triangulaire du montant arrière. Cette idée vient directement de l’Iguana. La voiture paraît donc avoir une énorme ouverture latérale, malgré son épaisse structure arrière.
Au lieu d’un arrière arrondi, Giugiaro coupe franchement la carrosserie. Les feux sont insérés dans cette masse et le bord du hayon remonte légèrement, créant une sorte de petit spoiler intégré. C’est une solution très « années 70 » : rationnelle, aérodynamique et graphique à la fois.
Et c’est là que la comparaison devient passionnante : La Ford Capri apparaît en 1969, donc cinq ans avant l’Alfetta GT. Elle est conçue comme une sorte de sportive européenne démocratisée : Ford veut offrir le fantasme d’une Mustang européenne, mais dans un véhicule accessible, pratique et pouvant accueillir quatre personnes.
Son designer est Philip T. Clark, qui avait également travaillé sur la Mustang. Ford décrit lui-même la Capri comme un coupé fastback combinant sportivité, quatre places et capacité de chargement.
La première Capri fait environ 4,26 m de long, avec un empattement de 2,559 m, donc elle est plus longue et surtout possède un empattement nettement plus généreux que l’Alfetta GT.
Et pourtant, vues de profil, les deux voitures peuvent sembler parentes.
C’est à mon sens la comparaison la plus intéressante : Sur la Capri, Clark part d’une silhouette très américaine :
long capot → cabine reculée → courte poupe.
C’est la recette Mustang transposée à l’Europe. Ford insiste justement sur le long capot, les lignes de toit basses et la courte poupe comme éléments constitutifs du langage Capri.
La carrosserie possède donc quelque chose de sensuel et musculaire. Sur l’Alfetta GT, Giugiaro procède différemment :
capot bas → pare-brise très incliné → grand volume vitré → rupture nette de la poupe.
La carrosserie devient presque un objet géométrique. C’est pour cela que la GTV paraît souvent plus moderne que la Capri, malgré ses formes très simples.
Sur la Capri, la vitre latérale est une forme très élégante, presque en goutte, avec une courbe qui accompagne le toit. Sur la GTV, la vitre est beaucoup plus anguleuse et tendue.
Giugiaro utilise la vitre comme une partie de la structure graphique du véhicule. La grande custode arrière n’est pas simplement une fenêtre : elle participe à la silhouette générale, puis se prolonge vers l’ouverture triangulaire du montant. Italdesign indique explicitement cette filiation avec l’Iguana.
C’est très « Giugiaro années 70 ».
On retrouve cette même logique quelques années plus tard dans la Scirocco, la Golf, etc. : une surface vitrée extrêmement lisible, presque dessinée à la règle.
La GTV présentée.
Véritable GTV Production Numéro 70 avec bon de commande d’origine – 4 cylindres 2.OL – boite manuelle 5 vitesses
Modèle mythique de la série spéciale Production limitée à 300 exemplaires numérotés. Le véhicule est dans un état de présentation parfait rare avec un dossier complet d’époque incluant le bon de commande d’origine qui atteste de son authenticité.
Le véhicule est matching number (certificat d’origine établi par Alfa Romeo Classiche en date du 30 mai 2024).
Dossier collection FFVE n° 202200351/2464/209517
Vignette collection
Carte identité collection en cours d’obtention.
